Transe lucide

21 mai 2016

"L'hypnose" de spectacle ... ou manipulation mentale !

Ce soir, je vais pester devant ma télévision ! Quoi que non, je passerai mon chemin cette fois-ci !

Que ne ferait-on pas pour faire de l'audience sur TF1 ! En cause, l'émission d'Arthur Stars sous hypnose". Reste à définir ce qu'est une Star... mais là n'est pas le propos du jour.

A la première émission de "Stars sous hypnose", j 'ai, malgré tout, tenu bon jusqu'au bout (ouppsss... 23 h 30 quand même !) à supporter un animateur que je n'apprécie pas du tout,, à compatir pour ces pauvres soi-disantes Stars se ridiculisant de se prêter à ce piteux spectacle, et à pester contre la confusion qui allait encore être faite, et la récupération négative par ses détracteurs, tout çà afin de rectifier le tir et pouvoir faire un peu de pédagogie autour de l'hypnose ! 

Quand je vois à quoi, - au sacro-saint motif de l'audimat, - on réduit l'hypnose, vous pensez bien que je ne pouvais laisser passer cela, alors que nous avons tant de mal à la faire accepter dans les établissements de santé !!

Que les choses soient dites : l'hypnose de spectacle, qui tire sa source de la manipulation et de l'hystérie collective, n'est pas la vraie hypnose !! Celle d'Erickson, celle qui soigne et soulage, oui !!!  Alors, si vous voulez  avoir une idée juste et positive de l'hypnose et de ses bienfaits, regardez une autre chaîne,, faites vous un ciné, un resto ou un jeu de société en famille .... et rencontrez un véritable hypnothérapeute,  quand vous le souhaiterez, pour de bonnes raisons !!....

L'hypnose de spectacle

Dans ce cadre, l'hypnotiseur établit un rapport de domination avec son sujet, qu'il conviendrait mieux d'appeler cobaye. La réussite du spectacle dépend de la démonstration de son pouvoir : l'hypnotiseur se sert de l'hypnotisé pour éblouir, impressionner l'assemblée, qui s'étonne de la facilité avec laquelle il parvient à manipuler, à faire faire n'importe quoi à son cobaye. Au contraire de l'hypnose utilisée dans un contexte de soin où elle sert l'intérêt de l'hypnotisé, l'hypnose de spectacle ne vise pas le bien-être, mais uniquement de jouer de la personne telle une marionnette, quitte à la ridiculiser !

Une question de conditionnement

Toute la "magie" de l’hypnose réside dans le fait qu’absolument tout se déroule dans la tête de l’hypnotisé.  L'hypnotiseur de spectacle doit donc conditionner son cobaye en ne laissant aucun doute sur ses capacités, et les effets de l’hypnose. Si vous avez regardé l'émission, "l'hypnotiseur" Messmer (qui se définit lui-même comme (juste) un Fascinateur, soi-dit au passage, rien à voir avec l'hypnose) évoquait sans cesse la fameuse "programmation nécessaire". Il faut également conditionner le public, en lui mentant, car sans cela, pas d’hypnose de spectacle ! (Rôle particulièrement dévolu à Arthur dans cette émission qui nous a nazillé toutes les 2 minutes un tonitruant "c'est exxxtraaaaaaaaaordinaire" : s'il le dit, c'est que c'est vrai alors !?...).

L'engagement social pour expliquer l’obéissance des hypnotisés

La théorie de l’engagement considère que si vous vous engagez à accepter une demande d’une personne, vous aurez bien plus de mal à lui refuser une autre demande. L’hypnotiseur invite son partenaire à accepter une demande, puis une autre, et crescendo encore une autre... Les plus réceptifs à cette manipulation sont prêts à faire tout ce que leur demande l’hypnotiseur, tant que ça leur semble "raisonnable". 

L’hypnose de spectacle n’est basée que sur des techniques de manipulation conscientes effroyablement efficaces dans le contexte où elles sont utilisées. Au stade du soi-disant "endormissement", les "volontaires" n’ont déjà plus le choix et ne peuvent plus reculer. Le piège de la manipulation est en place, car il devient donc de plus en plus difficile de renier ce que vous avez déjà fait, en quittant la scène sous les regards interrogateurs, ce qui reviendrait à admettre que jusqu’ici, vous avez simulé !... Malgré tout, il arrive parfois que des participants se sentent mal à l’aise dans cette situation (cas du chanteur Keen'V dans cette 1ere émission précisément) ; on les voit alors se faire tout petit, ne plus trop coopérer, voire quitter la scène discrètement (cas de Sandrine Quétierdans cette 1ere émission également).

L’hypnotiseur laisse alors faire et refocalise l’attention du public sur ce qui se passe de drôle (comprenez ridicule) plutôt que sur le pauvre malheureux qui ne veut plus jouer. D’ailleurs, si celui-ci venait à dénoncer l’imposture, il se verrait très probablement sifflé par le public, qui a déjà pris fait et cause pour l'hypnotiseur. Star d’un soir, il n'a par la suite aucun intérêt à révéler le canular.... C'est là l'engagement social.

L’hypnotiseur conditionne le public par le mensonge et la manipulation pour les faire agir, utilisant l’amalgame entre ce qui est de l’hypnose et ce qui ne l’est pas, d'ailleurs savent-ils vraiment comment fonctionne l’hypnose ? Il suffit d’écouter Messmer ou de décripter ses gestes...

En réalité, il ne fait  aucune induction alors qu'il parle d’hypnose. Bien entendu, personne n’est endormi ( çà tombe bien d'ailleurs car.... l'hypnose est un état de veille, pas de sommeil !!), mais aucun signe de transe non plus (c'est plus embêtant pour la crédibilité...) ! Les participants, pris progressivement dans une véritable spirale d’engagement, consentent juste à faire des choses de plus en plus ridicules pour amuser le public. 

Les chercheurs dénoncent dans cette hypnose de spectacle "un jeu malsain entre l’hypnotiseur (qui manipule) et l’hypnotisé (qui fait preuveselon eux, d’une malhonnêteté consciente)". Ils proposent même dans leurs études de  remplacer le terme hypnose par manipulation mentale, justement parce qu'ils considèrent que "l’hypnose de spectacle n’est qu’une application de la soumission librement consentie". 

 A Vous de garder votre libre arbitre... ou pas...

l-hypnotiseur-balance-une-illustration-du-pendule 

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14 mai 2016

L'hypnothérapie, application de l'hypnose

«L'hypnose est un moyen de communiquer au malade des idées et une compréhension de lui-même, de telle manière qu'il sera particulièrement réceptif aux idées présentes». (Milton Erickson, 1965)

«L'hypnose thérapeutique est une expérience relationnelle mettant en jeu des mécanismes physiologiques et psychologiques, permettant à l'individu de mieux supporter, d'atténuer, voire de supprimer une pathologie douloureuse aiguë ou chronique» (Jean-Marc Benhaiem,, 2002)

*****

L'hypnose française, après avoir franchi les frontières, intéresse quelques praticiens américains. Milton H. Erickson, psychiatre américain (1901-1980), alors jeune étudiant en médecine, en 1925, reçoit une formation à l'hypnose classique, très directive, conforme aux interactions ordinaires entre le médecin et le malade. Dans son enfance, il est frappé de plusieurs lourds handicaps : daltonien, dyslexique, dans l'incapacité de reconnaître ou de reproduire une mélodie, il est atteint de polyomyélite à 17 ans. C'est par une observation précise des mouvements de sa jeune sœur qui apprenait à marcher qu'il réapprit à coordonner sa motricité et recouvra, en moins d'un an d'efforts acharnés, pratiquement l'ensemble de ses capacités musculaires. Il surmontera ainsi ses handicaps seul, grâce à ses capacités d'invention.

Médecin, psychiatre, puis essentiellement psychothérapeute, Président de l'association américaine d'hypnose et l'un des responsables de la revue Journal of Clinical and Experimental Hypnosis, il assume d'abord de nombreuses responsabilités cliniques et universitaires jusqu'en 1949 avant de s'installer ensuite à Phoenix (Arizona), pour des raisons de santé, et fera alors le choix d'une pratique privée permanente, consacrée à la recherche et aux échanges avec d'autres praticiens, comme à l'enseignement. Il rédige plus de cent cinquante articles et co-signe plusieurs ouvrages notamment avec Ernest Rossi. Il sera victime d'une deuxième attaque de poliomyélite en 1950 et passera les treize dernières années de sa vie en fauteuil roulant.

Très vite, dans ses fonctions de jeune médecin, et au vu de ses capacités d'adaptation personnelle à ses handicaps, il conteste l'idée d'associer la transe à un phénomène provoqué par le thérapeute. Pour lui, la transe est un phénomène banal, naturel, que chaque individu connaît dans sa vie ordinaire. Cette position qu'il développera toute sa vie, position aujourd'hui très largement admise, s'oppose à la conception que l'hypnose ne peut apparaître que chez les sujets ayant une personnalité particulière.

Son rôle a été primordial, aucun autre hypnothérapeute n'a autant influencé la pratique moderne de l'hypnothérapie. Il a inventé diverses techniques et développé une approche moins autoritaire appelée hypnose permissive qui se caractérise par 

- plus de respect, de gentillesse et de soutien envers le patient

- l'utilisation des croyances et du langage du patient pour provoquer une transe

- la sollicitation de l'inconscient du patient afin que ce dernier trouve lui-même la solution

- l'utilisation des métaphores.

Il a développé l'improvisation d'histoires adaptées à la vie, aux centres d'intérêt et aux problèmes du patient afin d'aider l'inconscient de ce dernier à trouver lui-même la solution.

Les principes de l'hypnothérapie

Le patient a des ressources latentes. Le thérapeute lui permet de les mobiliser, de les développer ou de créer des contextes d'apprentissage. Le patient est bloqué dans un système de pensées circulatoires où les problèmes entraînent des solutions inadaptées et inefficaces. Le thérapeute déconstruit avec lui ses croyances et ouvre ainsi de nouveaux champs de compétences.

En résumé, dans l'hypnose thérapeutique, le sujet (le patient) accède, grâce à l'intervention d'une autre personne (le thérapeute) à un niveau de conscience modifiée (avec une relation plus étroite entre corps et esprit) et devient indifférent à l'environnement, tout en restant vigilant, concentré, réceptif et libre de ses choix.

L'hypnose thérapeutique utilise notre capacité naturelle de dissociation qui nous permet 

- d'être ici (dans le réel) et ailleurs (concentrés sur ce que nous voyons, entendons, sentons...)

- de s'abstraire de l'environnement immédiat (en perdant la notion du temps) pour un vécu agréable

- un état facilement réversible (réassociation nécessaire). Elle implique un mode relationnel privilégié patient-thérapeute (appelée alliance thérapeutique).

Les domaines d'application de l'hypnothérapie

Ils sont larges : renforcement de la confiance en soi et du contrôle des émotions (trac, réussir un examen, parler en public) , modification des mauvaises habitudes (se ronger les ongles, énurésie, etc...), résolution de phobies, amélioration de performances artistiques, scolaires et sportives, perte de poids et amélioration des habitudes alimentaires, dépression, troubles du désir, troubles dits psychosomatiques (colopathie, dyspepsie, spasmophilie) et aussi soulagement des douleurs (aiguë ou chronique). Parmi les addictions , on trouve la gestion du tabagisme, alcoolisme, cannabis, troubles du comportement alimentaire. Elle est aussi pratiquée dans l'accompagnement des patients cancéreux, en soins palliatifs et en victimologie.

Quelques chiffres

A l'hôpital : l'hypnose présente dans 40% des centres de traitement de la douleur (les douleurs aiguës et chroniques étant pratiquement les seules applications de l'hypnose à l'hôpital), douleurs plus fréquentes chez la femme (39%) que chez l'homme (31%), majorées par l'âge, en particulier au-delà de 65 ans : la moitié des personnes de 80 ans souffrent de douleurs handicapantes et durables. 25% de la population française souffrent de céphalées (migraines, céphalées de tension), 10 % de lombalgies chroniques, 2 à 5% par la fibromyalgie.

Les bienfaits de l'hypnose

L'hypnose est souvent confondue avec la relaxation (hypno-relaxation) où le patient se détend, guidé par la voix du thérapeute. Mais l'ambition de l'hypnose n'est pas seulement de relaxer une personne tendue et inquiète, mais d'aller vers un changement plus profond qui pourra faire perdurer le bien-être ressenti :

- Soigner la relation au corps (calmer anxiété et ses conséquences corporelles)

- Soigner la relation à l'espace environnant (obsession, phobies)

- Soigner la relation aux autres

- Soigner la relation à sa propre pensée (certains modes de pensées provoquent et entretiennent des pathologies)

Les médecines alternatives ou traditionnelles se présentent sous des apparences très diverses, mais elles se rejoignent sur un point essentiel : en traitant le corps et l'esprit, elles permettent au patient de reprendre place dans la vie et dans la société.

Ses contre-indications

Difficile de trouver une réponse définitive à la question de savoir si l'état modifié de conscience, base de l'hypnose, est à déconseiller pour certaines structures psychiques, mais elle est particulièrement peu adaptée dans les troubles psychotiques aigus naissants où justement les patients sont susceptibles d'exprimer une demande pressante ; de même pour les patients en bouffée délirante. La paranoïa n'est pas considérée comme une contre-indication, sauf quelques exceptions, mais avec un thérapeute expérimenté et spécialisé dans les troubles psychiatriques sévères.

Pourquoi préférer l'hypnose pour se soigner 

L'immense majorité des patients venant à l'hypnose pense que leur mental est pour une bonne part responsable de leurs troubles, «c'est dans la tête» disent-ils. Et l'hypnose est effectivement une bonne approche pour comprendre et modifier un comportement. En général, ils refusent les médicaments et veulent qu'on les aide à puiser au fond d'euxmêmes l'énergie et la stratégie pour guérir. Cette attitude correspond bien aux intentions du médecin qui tente d'utiliser les ressources propres de son patient pour surmonter une dépression, une peur, une souffrance car il faut avoir confiance dans sa capacité à retrouver l'autonomie.

C'est pourquoi, Erickson a développé ce que l'on nommera ensuite l'hypnose éricksonienne :

- l'hypnothérapeute est le «compagnon du patient»

- le patient détient des ressources, a des aptitudes, des facultés inexploitées d'apprentissage

- l'inconscient est un réservoir de ressources

- l'hypnose est dite permissive.

«La douleur est un mécanisme de protection somatique. Elle motive le patient pour qu'il protège sa zone douloureuse, pour qu'il évite les stimuli nocifs et pour qu'il demande de l'aide. Cependant, de-par la nature subjective de l'expérience douloureuse, une personne développe devant elle des réactions psychologiques et émotionnelles qui entraînent éventuellement des désordres psychosomatiques ; le mécanisme protecteur a été, en gros, prolongé à l'excès. Une personne souffrant sévèrement du dos contractera ses muscles et prolongera alors cette contraction longtemps après que la douleur initiale eut cessé. La contraction elle-même devient douloureuse, et la douleur dorsale se prolonge. Ces réactions psychologiques et émotionnelles qui entraînent ultérieurement des désordres psychosomatiques sont susceptibles d'être modifiées et traitées par l'usage de l'hypnose» (Milton Erickson "Hypnose thérapeutique, 4 conférences)

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09 mai 2016

L'hypnose et son histoire...

L'hypnose n'est pas un concept récent. Son utilisation lors de rituels religieux est décrite dans des hiéroglyphes égyptiens.

A ses débuts, l'hypnose était liée à la religion, à la magie et au surnaturel, dont les rituels étaient souvent destinés à guérir des maladies. En Grèce, les fidèles se rendaient au temple pour implorer le dieu du Sommeil Hypnos de les guérir et de leur permettre de faire des rêves prémonitoires. 

L'hypnose apparaît dans le domaine médical au moment de la Révolution Française. Cette méthode thérapeutique ne s'appelle pas encore hypnose mais «magnétisme animal». Elle est développée par un médecin d'origine autrichienne, le Dr Messmer, qui remarque que certains patients peuvent guérir sans recours aux techniques de soin alors en vigueur, quelles soient physiques, chimiques ou religieuses. La guérison serait due à la transmission par le thérapeute d'un fluide universel dit «fluide animal», du mot «Anima» qui signifie vivant. C'est la première apparition de l'intérêt de l'imagination comme facteur thérapeutique officiel.
Les chirurgiens s'intéressent alors à la technique de Messmer qui «plonge» les patients dans un état spécial et semble les mettre à distance de la réalité vécue (ex. : mastectomie réalisée sans douleur par le Dr Jules Cloquet, 1829).

En 1842, James Ward ampute la cuisse d'un homme plongé dans un sommeil hypnotique. De nombreuses opérations se succèdent dans ces conditions dans les années précédant la découverte de l'anesthésie par l'éthérisation ou le chloroforme à partir de 1847. Mais une majorité du corps médical défend l'idée que la douleur est nécessaire et refuse ces méthodes analgésiques pour des motifs scientifiques et religieux alors qu'à la même époque, un chirurgien anglais, James Esdaile, expérimente pourtant cette méthode appelée mesmérisme à large échelle à Calcutta et apporte la preuve d'une diminution considérable de la mortalité post-opératoire, grâce à la protection de la conscience du sujet par une technique mentale.
Le terme « hypnotisme » est créé en 1843 par James Braid, médecin écossais,en référence à « Hypnos » dieu grec du sommeil, pour nommer cet état particulier dans lequel les sujets ont un aspect extérieur de sommeil.
Celle-ci disparaît du champ médical malgré sa puissance de révélation sur la condition humaine. «A partir du mois de février 1860, on n'en entendit plus parler» écrit Jules Rochard en 1875 dans son ouvrage «Histoire de la chirurgie au XIXème siècle». Elle reste ensuite surtout cantonnée dans le domaine de la maladie mentale et la mort de Charcot en 1893 signe une nouvelle disparition de son usage.
La période 1870-1900 a pourtant été une époque majeure pour l'hypnose où deux directions différentes se sont affrontées. L'une, dirigée par le professeur Jean-Martin Charcot, neurophysiologiste de renommée mondiale, qui s'intéresse aux modifications neurologiques observées chez les sujets en transe hypnotique : réduction ou disparition de certains réflexes, catalepsies, amnésies et analgésies locales, etc.. L'autre école, dirigée par Hyppolite Bernheim à Nancy, explore les possibilités thérapeutiques de la transe hypnotique. Réfutant l'hypothèse pathologique de Charcot, sa conception entre en conflit direct avec l'école de la Salpétrière.
A partir de cette date, l'hypnose est abandonnée car la recherche scientifique ne parvient pas à l'expliquer, la trouvant trop mystérieuse et trop magique. La recherche sur les états mentaux est alors orientée par la psychanalyse de Freud, d'abord praticien de l'hypnose, élève de Charcot.
Après la seconde guerre mondiale, des opérations chirurgicales ou des accouchements avec analgésie hypnotique sont régulièrement réalisés, mais l'anesthésie, ayant prouvé sa commodité d'usage, contribue à maintenir l'hypnose en marge comme une méthode artisanale et incertaine malgré sa valeur thérapeutique ou analgésique indéniable.
Des savants ont vanté les mérites de l'hypnose, le russe Pavlov (Prix Nobel de médecine en 1904) et le français Charles Richet (Prix Nobel de médecine en 1913) ainsi que le colombien Caycedo qui s'en est inspiré pour fonder, vers la fin des années 1960, la sophrologie.
Pierre Janet a également attiré l'attention du corps médical sur les bienfaits de l'hypnose. Pionnier de l'hypnose découvrante, (c'est-à-dire destinée à établir la cause profonde d'une maladie psychosomatique), il parvint, grâce à l'hypnose à localiser la raison de la cécité sans lésion organique de l'une de ses patientes et de démontrer que la liquidation de souvenirs traumatiques enfouis dans l'inconscient peut apporter la guérison.
Le modèle d'hypnose française intéresse les américains, et particulièrement un jeune étudiant en médecine, Milton. H. Erickson, qui va révolutionner le concept de l'hypnothérapie.
C'est ainsi que, à partir des années 50, vont se différencier deux courants hypnotiques : celui de l'hypnose classique, plus proche des conceptions françaises du XIXème siècle, et celui de l'hypnose éricksonienne, qui met l'accent sur le concept d'état naturel renforcé par la communication entre le sujet et le thérapeute.

*****

L'hypnose est un processus riche et complexe dans toutes les cultures mais sous des aspects différents. Elle est présente dans le chamanisme, la transe africaine, dans les rituels sud-américains, en Mongolie, chez les derviches tourneurs, en extrême orient.

En occident, lorsqu'elle s'applique au soin, l'hypnose s'appelle hypnothérapie (sujet d'un prochain article)

L'hypnose naturelle est un phénomène banal de concentration mentale, de focalisation de l'esprit du sujet par ses pensées ; c'est un état d'esprit se caractérisant par une profonde relaxation, une concentration très ciblée et une suggestibilité accrue. L'hypnose est un état de conscience, intermédiaire entre le sommeil et l'éveil.
Dès 1949, l'électroencéphalogramme a permis d'objectiver que l'hypnose n'est ni un sommeil, ni un coma, mais un état de veille. Le sujet est éveillé, il est donc conscient puisque la veille est la clé de la conscience.
Conscience et inconscient sont des concepts décrivant des aspects de l'esprit. La conscience procède à un raisonnement quantitatif, logique et organisé à l'aide de mots et de nombres. Les pensées sont organisées. En revanche, l'inconscient utilise les images, les souvenirs, les sentiments, l'intuition et les rêves. Les pensées sont aléatoires, le raisonnement est abstrait et non organisé. Il n'existe aucun antagonisme entre la conscience et l'inconscient, mais seulement des nuances. Alors, pourquoi accéder à l'inconscient ?
La conscience, bien qu'elle excelle dans les raisonnements logiques et analytiques, est parfois très arrêtée et figée et il lui arrive de développer des défenses indésirables afin de se protéger. L'inconscient est plus souple et peut facilement modifier de vieilles habitudes et défenses entretenues par la conscience.

pierres grises sur l'eau

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