L'hypnose n'est pas un concept récent. Son utilisation lors de rituels religieux est décrite dans des hiéroglyphes égyptiens.

A ses débuts, l'hypnose était liée à la religion, à la magie et au surnaturel, dont les rituels étaient souvent destinés à guérir des maladies. En Grèce, les fidèles se rendaient au temple pour implorer le dieu du Sommeil Hypnos de les guérir et de leur permettre de faire des rêves prémonitoires. 

L'hypnose apparaît dans le domaine médical au moment de la Révolution Française. Cette méthode thérapeutique ne s'appelle pas encore hypnose mais «magnétisme animal». Elle est développée par un médecin d'origine autrichienne, le Dr Messmer, qui remarque que certains patients peuvent guérir sans recours aux techniques de soin alors en vigueur, quelles soient physiques, chimiques ou religieuses. La guérison serait due à la transmission par le thérapeute d'un fluide universel dit «fluide animal», du mot «Anima» qui signifie vivant. C'est la première apparition de l'intérêt de l'imagination comme facteur thérapeutique officiel.
Les chirurgiens s'intéressent alors à la technique de Messmer qui «plonge» les patients dans un état spécial et semble les mettre à distance de la réalité vécue (ex. : mastectomie réalisée sans douleur par le Dr Jules Cloquet, 1829).

En 1842, James Ward ampute la cuisse d'un homme plongé dans un sommeil hypnotique. De nombreuses opérations se succèdent dans ces conditions dans les années précédant la découverte de l'anesthésie par l'éthérisation ou le chloroforme à partir de 1847. Mais une majorité du corps médical défend l'idée que la douleur est nécessaire et refuse ces méthodes analgésiques pour des motifs scientifiques et religieux alors qu'à la même époque, un chirurgien anglais, James Esdaile, expérimente pourtant cette méthode appelée mesmérisme à large échelle à Calcutta et apporte la preuve d'une diminution considérable de la mortalité post-opératoire, grâce à la protection de la conscience du sujet par une technique mentale.
Le terme « hypnotisme » est créé en 1843 par James Braid, médecin écossais,en référence à « Hypnos » dieu grec du sommeil, pour nommer cet état particulier dans lequel les sujets ont un aspect extérieur de sommeil.
Celle-ci disparaît du champ médical malgré sa puissance de révélation sur la condition humaine. «A partir du mois de février 1860, on n'en entendit plus parler» écrit Jules Rochard en 1875 dans son ouvrage «Histoire de la chirurgie au XIXème siècle». Elle reste ensuite surtout cantonnée dans le domaine de la maladie mentale et la mort de Charcot en 1893 signe une nouvelle disparition de son usage.
La période 1870-1900 a pourtant été une époque majeure pour l'hypnose où deux directions différentes se sont affrontées. L'une, dirigée par le professeur Jean-Martin Charcot, neurophysiologiste de renommée mondiale, qui s'intéresse aux modifications neurologiques observées chez les sujets en transe hypnotique : réduction ou disparition de certains réflexes, catalepsies, amnésies et analgésies locales, etc.. L'autre école, dirigée par Hyppolite Bernheim à Nancy, explore les possibilités thérapeutiques de la transe hypnotique. Réfutant l'hypothèse pathologique de Charcot, sa conception entre en conflit direct avec l'école de la Salpétrière.
A partir de cette date, l'hypnose est abandonnée car la recherche scientifique ne parvient pas à l'expliquer, la trouvant trop mystérieuse et trop magique. La recherche sur les états mentaux est alors orientée par la psychanalyse de Freud, d'abord praticien de l'hypnose, élève de Charcot.
Après la seconde guerre mondiale, des opérations chirurgicales ou des accouchements avec analgésie hypnotique sont régulièrement réalisés, mais l'anesthésie, ayant prouvé sa commodité d'usage, contribue à maintenir l'hypnose en marge comme une méthode artisanale et incertaine malgré sa valeur thérapeutique ou analgésique indéniable.
Des savants ont vanté les mérites de l'hypnose, le russe Pavlov (Prix Nobel de médecine en 1904) et le français Charles Richet (Prix Nobel de médecine en 1913) ainsi que le colombien Caycedo qui s'en est inspiré pour fonder, vers la fin des années 1960, la sophrologie.
Pierre Janet a également attiré l'attention du corps médical sur les bienfaits de l'hypnose. Pionnier de l'hypnose découvrante, (c'est-à-dire destinée à établir la cause profonde d'une maladie psychosomatique), il parvint, grâce à l'hypnose à localiser la raison de la cécité sans lésion organique de l'une de ses patientes et de démontrer que la liquidation de souvenirs traumatiques enfouis dans l'inconscient peut apporter la guérison.
Le modèle d'hypnose française intéresse les américains, et particulièrement un jeune étudiant en médecine, Milton. H. Erickson, qui va révolutionner le concept de l'hypnothérapie.
C'est ainsi que, à partir des années 50, vont se différencier deux courants hypnotiques : celui de l'hypnose classique, plus proche des conceptions françaises du XIXème siècle, et celui de l'hypnose éricksonienne, qui met l'accent sur le concept d'état naturel renforcé par la communication entre le sujet et le thérapeute.

*****

L'hypnose est un processus riche et complexe dans toutes les cultures mais sous des aspects différents. Elle est présente dans le chamanisme, la transe africaine, dans les rituels sud-américains, en Mongolie, chez les derviches tourneurs, en extrême orient.

En occident, lorsqu'elle s'applique au soin, l'hypnose s'appelle hypnothérapie (sujet d'un prochain article)

L'hypnose naturelle est un phénomène banal de concentration mentale, de focalisation de l'esprit du sujet par ses pensées ; c'est un état d'esprit se caractérisant par une profonde relaxation, une concentration très ciblée et une suggestibilité accrue. L'hypnose est un état de conscience, intermédiaire entre le sommeil et l'éveil.
Dès 1949, l'électroencéphalogramme a permis d'objectiver que l'hypnose n'est ni un sommeil, ni un coma, mais un état de veille. Le sujet est éveillé, il est donc conscient puisque la veille est la clé de la conscience.
Conscience et inconscient sont des concepts décrivant des aspects de l'esprit. La conscience procède à un raisonnement quantitatif, logique et organisé à l'aide de mots et de nombres. Les pensées sont organisées. En revanche, l'inconscient utilise les images, les souvenirs, les sentiments, l'intuition et les rêves. Les pensées sont aléatoires, le raisonnement est abstrait et non organisé. Il n'existe aucun antagonisme entre la conscience et l'inconscient, mais seulement des nuances. Alors, pourquoi accéder à l'inconscient ?
La conscience, bien qu'elle excelle dans les raisonnements logiques et analytiques, est parfois très arrêtée et figée et il lui arrive de développer des défenses indésirables afin de se protéger. L'inconscient est plus souple et peut facilement modifier de vieilles habitudes et défenses entretenues par la conscience.

pierres grises sur l'eau

Un blog grandit d'être partagé. Merci